Le 27 septembre, un groupe de députés Les Républicains mené par Mme Kuster a déposé à la Présidence de l’Assemblée Nationale une proposition de loi qui vient s’ajouter à la déjà longue liste des restrictions apportées à nos libertés depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Il s’agit d'"interdire (ça commence mal) la diffusion du nom de famille et des images des terroristes dans les médias".

Si l’on se lance dans la course à qui masquera le mieux la vérité aux Français, il faut aller plus loin encore et interdire carrément toute allusion ou diffusions d’information sur les crimes, assassinats, mitraillages, plastiquages, attaques au camion ou à la voiture, égorgements, viols, décapitations ou attentats de masse commis par des terroristes;faire taire le procureur Molins, interner les familles des victimes et leurs avocats qui évoqueraient le sujet et punir sévèrement ceux qui signalent avoir vu des bouteilles de gaz ou un homme armé au comportement suspect. En un mot, créer rapidement un Ministère de la Vérité (Orwell) qui filtrera soigneusement toute information pour ne diffuser que la vérité officielle avec Claude Askolovitch à sa tête.

Quel scandale !

Pour ceux qui n’écoutent pas la matinale de France Inter, Askolovitch y tient la revue de presse. Surnommé dans les couloirs de Radio France « le Justicier du PAF » par les uns, « le Censeur » par les autres et « Torquemada » ou « Askapolovitch » par quelques-uns (de droite donc cultivés), il a transformé sa revue de presse en éditorial quotidien consacré à la défense et illustration de l’extrême gauche islamolâtre. Pour le « journaliste » Askolovitch, toute pensée critique au sujet de l’Islam ou des migrations, toute information sur le terrorisme, toute pensée sur le sujet, est par nature pensée de droite radicale, information xénophobe, facho.
J’ai mis le mot journaliste entre guillemets parce que, bien que diplômé de l’école de journalisme gauchiste CFJ, Askolovitch n’est qu’à 5% journaliste et à 95% idéologue néo-stalinien.

Le 2 octobre dernier, l’actualité c’est l’égorgement et l’éventration de deux jeunes filles dans la gare Saint-Charles de Marseille. Mais Askolovitch axe sa revue de presse sur le procès de Mohamed Merah, assassin d’enfants d’une école juive et d’un militaire musulman. Claude Askolovitch insiste sur le fait que les parents du malheureux soldat viendront « témoigner de l’Islam paisible au procès ». Une façon de ne pas oublier d’indiquer où sont les ennemis véritables, par exemple ces islamophobes qui mettent de l’huile sur le feu. D’ailleurs, il n’y a pas procès autour de l’islam, parvient à placer Asko, mais « procès du salafisme ». Suit l’attentat de Marseille. Askolovitch est choqué que la vie reprenne son fil à peine les deux jeunes femmes tuées, que la presse parle de football ou des trains en retard. Mais nous n’apprendrons rien sur le plus important (l’auteur des deux crimes) de la bouche du chroniqueur, qui omet de parler des « Allahou akbar » que tous les témoins des deux meurtres ont entendu, et qui parvient à ne jamais prononcer l’un de ces mots interdits : Islam ou islamisme. Par contre, il ponctue ses propos avec le mot « résister », à La Une de La Provence du jour, « résister à la peur, résister à la polémique ».

L’islam et l’islamisme comme raison première pour laquelle un terroriste sort un couteau et égorge innocents, il ne les voit pas, n’en parle pas.

Le voilà rejoint dans le déni par des députés Les Républicains. Ils se demandent si la diffusion de ces informations ne risque pas « d’octroyer à l’assassin une gloire posthume auprès de personnes radicalisées et en quête de modèles ». Ils s’interrogent sur l’intérêt que cela représente pour le public…

129 morts et 354 blessés au Bataclan, ça n’intéresse personne ?

… ainsi que sur la surexposition de l’auteur de l’attentat par rapport aux victimes.

Citant le juge antiterroriste David Benichou, Mme Kuster estime que « les médias sont l’oxygène du terrorisme ». Ainsi, pour éviter que la télévision et la presse ne demeurent une « caisse de résonance de la barbarie », la député souhaite rendre les terroristes anonymes, « sans pour autant entraver le travail d’investigation des journalistes ».

L’Observatoire du Journalisme (Ojim.fr) souligne pourtant que « Il existe déjà, à l’heure actuelle, quelques limites. En juillet 2016, le CSA avait préconisé « une vigilance particulière dans le traitement des sujets relatifs à la personnalité ou au parcours des auteurs de ces actes ». Dans le droit aussi, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse sanctionne la diffusion d’informations permettant l’identification de certains individus, comme un mineur suicidé ou ayant quitté ses parents, ou encore de photographies montrant une personne menottée ou entravée n’ayant pas fait l’objet d’un jugement de condamnation« .

De plus, tout le monde peut constater que la presse et le procureur Molins lui-même ne donnent pas le nom des assassins ou seulement une initiale et, sous prétexte de ne pas faire de discrimination, transforment le nom à consonance maghrébine ou africaine en nom ou prénom bien européen, transforment le meurtre en accident de circulation, crime de déséquilibré mental, de « loup solitaire », banal accident de braquage ou toute autre excuse mensongère, jusqu’à ce que la vérité éclate.

En attendant, cela permet à des gens comme la députée Obono de prétendre qu’il n’y pas plus d’actes terroristes commis en France par des musulmans que par des adeptes d’autres religions, par des gens issus de l’immigration que par des Français « de souche ».

Reste à savoir si la démarche de Mme Kuster et de ses camarades part réellement d’une volonté de ne pas glorifier les jihadistes… ou si le politiquement correct y est pour quelque chose.

Le plus surprenant est que le député de l’Oise Olivier Dassaut ait signé ce projet de loi. S’il est voté, il devra censurer ses propres journaux (groupe Le Figaro). Y aurait-il un lien avec le fait que l’essentiel de ses revenus (de 4 à 6 millions par an) provient de dividendes d’actifs industriels du groupe Dassault et que la réforme de l’ISF voulue par Emmanuel Macron les sort de l’ISF… Vous voyez ?

À son honneur, il faut préciser qu’il est le seul député à reverser intégralement la totalité de ses revenus bruts d’élu (154.440 €) à ses collaborateurs. Ce n’est pas le très riche Mélenchon à gauche (moins que Dassault quand même) ou le très chiche Collard à droite qui ferait cela !

L’Imprécateur
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