« Chère lectrice, cher lecteur,

Il y a en France 70 millions de cartes bancaires en circulation.

Près de 2/3 de ces cartes sont distribuées par la société américaine Visa : C’est une situation de quasi monopole.

Or, le PDG de Visa, Jack Forestell veut interdire les paiements en liquide à ses commerçants.

À moins que nous ne l’arrêtions, il lance officiellement « le grand voyage vers la fin du cash ».

Voici le plan annoncé par le Wall Street journal :

« Visa.Inc a une nouvelle offre pour les petites entreprises, restaurants et magasins. Nous leur offrirons jusqu’à 10 000$ de rabais pour qu’ils s’équipent avec nos nouvelles technologies de paiements. En échange nous leur demanderons de refuser les paiements en espèces. »

Cela arrive aujourd’hui aux États-Unis… Et demain en France.

Mais que vient faire une société privée là-dedans me direz-vous ?

Vos pièces et vos billet ont « cours légal » : personne n’a le droit de les refuser.

L’argent est affaire d’État, c’est à l’État et au peuple de décider de la forme de leur monnaie et certainement pas à une société privée qui augmentera considérablement ses profits grâce à la fin de l’argent liquide.

Le complice parfait pour le hold-up du siècle

Cette annonce du directeur général de Visa suit de quelques mois la publication d’un rapport par le Fonds Monétaire International — l’organisme qui fait la loi dans votre pays si vous êtes en faillite — dans lequel vous pouvez lire :

Il semble préférable que la fin des paiements en liquide viennent du secteur privé et non du secteur public. D’un côté, il s’agit simplement de vendre plus facilement un café alors que de l’autre, il s’agit d’un choix politique contestable avec des arguments valides.

Parmi les « arguments valides » contre la fin de l’argent liquide, l’article souligne le risque de panne ou attaque informatique et de cyber guerre.

Le rapport insiste d’ailleurs : Dans tous les cas, la tentation d’imposer par décret la fin de l’argent liquide est à proscrire tant la population y est attachée.

On ne saurait être plus clair : l’État ne peut pas supprimer lui-même l’argent liquide, il faut que cela passe par le secteur privé.

Peu importe les risques gigantesques.

Peu importe que la population soit contre tant qu’on ne le crie pas sur les toits.

C’est pourquoi la PDG de Visa peut maintenant annoncer son « grand voyage vers la fin du cash ». Il sait qu’il a la bénédiction des États.

Mais pas la mienne, ni la vôtre !

Les entreprises font la loi désormais (même plus besoin de lobbying)

 Il y a là une transgression monumentale : la monnaie européenne a « cours légal », c’est-à-dire qu’un marchand n’a pas le droit légalement de refuser un paiement en euros, qu’il soit par carte ou en liquide.

En laissant Visa interdire à ses commerçant d’accepter les paiements en liquide, l’État accepte que la « loi » de Visa passe avant la sienne. Il détruit de facto le fondement même de sa monnaie : celui d’être accepté partout sur son territoire.

L’État victime consentante… pour mieux vous taxer

Bien sûr, l’abandon de souveraineté de l’État n’est pas gratuit.

Selon l’économiste Henri Bourguignat , professeur à l’université Montesquieu de Bordeaux, la fin de l’argent liquide permettra également aux pouvoir publics de taxer l’épargne sans échappatoire possible.

C’est le dernier impôt qui n’avait pas encore été inventé : vous payez pour avoir le droit d’économiser de l’argent.

Déjà en Suède et au Danemark 

Le processus d’interdiction de l’argent liquide est déjà avancé en Suède et au Danemark où l’on voit fleurir des petits panneaux : « La maison n’accepte plus les paiements en espèces».

La fin de l’argent liquide approche à grands pas et sans aucune précaution ».

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