De nombreux témoins ont tenté de lui venir en aide et multiplié les appels aux services de secours. En vain.

Sa détresse, puis son agonie auront duré des heures. Et laissé le quartier sous le choc. Un homme d’une quarantaine d’années - son identité n’a pas été révélée - a été découvert sans vie, au pied du 9, rue Ambroise-Paré, dans le Xe arrondissement de Paris, le jeudi 13 juillet au matin. A quelques mètres de l’hôpital Lariboisière et de la salle de consommation de drogue à moindres risques, installée depuis 8 mois dans l’enceinte hospitalière.

La victime était-elle toxicomane ? Les nombreux témoins qui ont tenté de lui venir en aide et multiplié les appels aux services de secours l’affirment. Les responsables de l’association Gaïa, qui gère la salle de shoot, assurent, de leur côté, que l’homme était «inconnu de leur structure.» Mais pour ceux, parmi les riverains, qui dénoncent depuis plusieurs mois la dégradation de leurs conditions de vie dans le quartier «cet événement dramatique, que nous redoutions suscite une émotion particulièrement vive. Et un véritable sentiment de dégoût».

Des témoins ont composé le 17, en vain, puis le numéro de Gaïa

«Le mercredi 12 juillet, en début d’après-midi, nombre d’entre nous ont vu cet homme, visiblement très mal en point, et ont cherché à l’aider, confie un habitant de la rue. Ses bras portaient des traces de piqûres qui laissaient penser qu’il s’agissait bien d’un consommateur de drogue par injection. En fin d’après-midi, son état a empiré : il était allongé. Une personne, émue, a crié : Il va mourir ! Les témoins ont composé le 17, en vain, puis le numéro de Gaïa… Mais il est resté là toute la nuit, et le lendemain matin seulement, c’est un homme mort qu’ont trouvé la police et le Samu. Son corps n’a été enlevé du trottoir qu’à midi. C’est ignoble. Indigne.»

Gaïa, de son côté, affirme qu’une équipe de maraude s’est rendue au chevet de la victime, qui «semblait alcoolisée». «Mais cet homme ne souhaitait pas se rendre aux urgences et son état, à ce moment-là, ne nécessitait pas une évacuation immédiate, assure un responsable. Mais, de toute façon, nous ne pouvons pas nous substituer aux services de secours : notre rôle est d’aller à la rencontre des usagers, de les orienter vers la salle, qui d’ailleurs, a permis d’éviter plusieurs décès par overdose depuis son ouverture». Mais, rue Ambroise-Paré, les habitants se disent «traumatisés» : «Nous nous sentons de plus en plus abandonnés, de mois en mois. Les scènes de deal et de d’injection en pleine rue sont quotidiennes… Et maintenant on laisse mourir un homme sur le trottoir».

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